ECOCIDE – Bien plus qu'un simple mot
Le terme « écocide » décrit la manière dont nous traitons notre planète : les dégâts considérables et la destruction des ressources naturelles et des écosystèmes. Il signifie littéralement « tuer son propre foyer ».
« Eco » est l'abréviation d'écologie (interactions biologiques). Le suffixe « -cide » désigne l'acte de tuer, parfois au sens figuré. On peut citer par exemple : féminicide, génocide, homicide, infanticide, suicide, etc.
Cependant, le terme « ECOCIDE » fait parfois l’objet de critiques de la part de divers acteurs : toute relativisation de l’Holocauste, même lointaine, est extrêmement problématique, car elle pourrait détourner l’attention de la culpabilité liée à ce crime terrible et, par conséquent, affaiblir le sentiment de responsabilité envers le peuple juif, l’existence de l’État d’Israël et la lutte contre l’antisémitisme. C’est pourquoi le terme « ECOCIDE », qui a été explicitement inventé dans le contexte du génocide, fait également l’objet de critiques.
En tant que fille d'un survivant de l'Holocauste, je ne partage absolument pas ce point de vue.
Mon père, un Belge juif né en 1911, a passé une longue période comme prisonnier de guerre dans un camp de concentration. Comme il n’avait pas son passeport juif sur lui, il n’a pas été identifié comme juif. Grâce à ses compétences linguistiques variées, il a été employé comme interprète. En 1943, il a réussi à s'échapper et s'est caché en Autriche jusqu'à la fin de la guerre. Il a rejoint les Américains et a assisté à la libération du camp de concentration de Mauthausen en Autriche. Au total, 13 membres de la famille de mon père ont été gazés à Auschwitz et à Treblinka. Mon père a travaillé comme interprète lors des procès de Nuremberg.
Depuis trois ans, le 27 janvier, à l'occasion de la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l'Holocauste, je prononce un discours contre l'antisémitisme devant la mairie de notre commune.
À mon sens, le terme « ECOCIDE » est parfait. D’un point de vue étymologique, il est saisissant. C’est la proposition de criminaliser l’« ECOCIDE » qui a suscité l’intérêt et la passion du public et des milieux politiques, alors que ce n’était pas le cas avec des termes moins percutants. Le terme « ECOCIDE » suscite des émotions et attire l’attention. C’est une expression forte et percutante. Le suffixe « -cide » symbolise quelque chose de définitif et a une consonance brutale.
Et c'est exactement ce qu'est l'écocide : une pratique brutale, car ce terme désigne les dommages et la destruction massifs de notre nature et de nos écosystèmes vitaux. Les écocides constituent une cause majeure de la crise climatique et environnementale (réchauffement climatique, perte de biodiversité, pollution environnementale).
Je ne vois pas d'autre terme approprié qui permette de résumer ce message essentiel en un seul mot.
C'est pourquoi nous avons besoin la loi sur l'écocide forte. la loi sur l'écocide droit pénal environnemental sert avant tout à protéger l'environnement et, par conséquent, à assurer la survie de l'humanité en préservant les écosystèmes vitaux. La fonction expressive d'un terme est un critère légitime. Et l'une des fonctions importantes du droit pénal réside dans le « message » que nous associons au terme « ÉCOCIDE ».
Je n'ai jamais associé le mot « écocide » à l'antisémitisme ou à la discrimination. Au contraire : si l'écocide est inscrit comme cinquième crime dans le Statut de Rome de la Cour pénale internationale, ce sera une formidable opportunité pour l'humanité – et j'entends par là TOUS les peuples, bien sûr – d'avoir un avenir qui vaille la peine d'être vécu !
Viviane Fux
février 2026